Square Léopold, quartier de la gare : ce que les grands chantiers changent pour l'immobilier namurois
- 02/09/2026
- Estimer la valeur de votre bien
- Eric Dewals
Quinze ans de projets, et un virage décisif en 2026
Le square Léopold occupe les conversations namuroises depuis plus de dix ans. Le 2 juillet 2026, Besix Red a présenté aux habitants une nouvelle version de son projet « Le Côté Verre », et cette version change la donne pour le marché résidentiel du centre-ville.
Le point essentiel : les 112 logements prévus ont disparu du programme. La surface de bureaux passe d'environ 8.500 m² à près de 19.000 m², auxquels s'ajoutent quelque 14.000 m² de commerces, d'horeca et de loisirs.
La raison est juridique avant d'être commerciale. Le terrain est inscrit en zone d'activité économique mixte au plan de secteur. Les deux mécanismes utilisés par le promoteur pour y intégrer du logement (périmètre de remembrement urbain, puis dérogation au Code du développement territorial) ont été retoqués au Conseil d'État, saisi par les opposants au projet. En supprimant le volet résidentiel, Besix se conforme strictement au plan de secteur. La demande de permis n'est pas attendue avant l'automne.
Ce que cela signifie concrètement pour le marché du logement
Un projet immobilier ne se lit pas seulement à travers ses mètres carrés. Voici les trois effets qui nous paraissent les plus tangibles pour les propriétaires et les acheteurs namurois.
1. 112 logements neufs en moins dans un centre-ville déjà tendu
C'était l'apport résidentiel le plus important annoncé pour l'hyper-centre. Sa disparition retire de l'offre future une centaine d'unités qui auraient absorbé une partie de la demande.
Dans un marché où le prix médian des appartements en province de Namur a bondi de 13,9 % en un an, moins d'offre neuve en centre-ville ne va pas dans le sens d'une détente des prix. Pour un propriétaire d'appartement dans le quartier de la gare, de la rue de Fer ou de Saint-Servais, c'est un élément favorable à moyen terme.
2. Des travailleurs en plus, des habitants en moins
Près de 19.000 m² de bureaux représentent, selon les ratios habituels, plusieurs centaines de postes de travail supplémentaires en plein centre. Une partie de ces travailleurs cherchera à se loger à proximité, à l'achat ou en location.
C'est un signal à prendre au sérieux pour l'investissement locatif : la demande locative de qualité, orientée vers les studios et les deux chambres bien situés et bien isolés, a de bonnes chances de se renforcer dans les années qui viennent. Le taux de vacance des bureaux à Namur reste par ailleurs très bas, autour de 2,5 %, ce qui explique la confiance du promoteur sur ce segment.
3. Un quartier de la gare qui va vivre plusieurs années de chantier
C'est le revers de la médaille, et nous préférons le dire clairement à nos clients. Entre le dépôt du permis, les recours possibles et la durée des travaux, le quartier va connaître une longue période de nuisances : circulation, stationnement, bruit.
Sur les 22 arbres du square, quatre seulement seront conservés dans le projet présenté, trois ont déjà été abattus et cinq doivent être transplantés. La question des espaces verts reste au cœur de la contestation locale et pèse dans la perception du quartier.
Pour un acheteur qui vise une revente à trois ou quatre ans, ce paramètre compte. Pour un acheteur qui s'installe durablement, la valorisation du quartier après travaux joue plutôt en sa faveur.
Le débat local n'est pas clos
Il serait malhonnête de présenter ce projet comme acquis. L'opposition politique regrette la perte de la mixité fonctionnelle et évoque le risque d'un quartier désert après les heures de bureau. Les commerçants du centre, eux, s'inquiètent de l'effet d'aspiration de 14.000 m² de nouvelles surfaces commerciales alors que plusieurs cellules du centre sont vides.
Le projet du site des anciennes tours des finances, porté par un autre acteur, avance en parallèle et observe l'offre de bureaux générée par Besix.
Autrement dit : le calendrier peut encore bouger. Nous suivons le dossier de près, car il conditionne une partie de la dynamique du centre namurois.
Vous avez un bien dans le centre de Namur ?
Un environnement urbain qui se transforme a un impact direct sur la valeur d'un bien, dans un sens comme dans l'autre. Un immeuble à cinquante mètres d'un futur chantier ne se valorise pas comme un immeuble à trois rues de là.
C'est le genre de paramètre que nous intégrons dans nos estimations, au-delà des comparables et des mètres carrés. Vendre au bon moment, dans un quartier en mutation, fait souvent plus de différence que quelques milliers d'euros de négociation.
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Eric Dewals, agent immobilier agréé IPI 507027