PEB E, F ou G à Namur : ce que vous risquez (vraiment) en achetant une passoire énergétique en 2026
- 04/08/2026
- Estimer la valeur de votre bien
- Eric Dewals
Le certificat PEB est devenu un critère central de toute transaction immobilière en Wallonie. Mais entre les annonces, les reports et les débats parlementaires, difficile d'y voir clair sur ce qui attend réellement l'acheteur d'un bien énergivore. Voici l'état des lieux, sans dramatiser ni minimiser.
Ce que prévoit le calendrier en discussion
Le principe voté dans le cadre des débats parlementaires : tout nouvel acquéreur d'un bien classé PEB E, F ou G disposerait de 5 ans pour le rénover jusqu'au label D minimum, avec une entrée en vigueur évoquée au 1er juillet 2026.
Mais — et c'est important — la ministre wallonne du Climat Cécile Neven a précisé fin 2025 qu'aucune mesure d'exécution définitive n'a encore été adoptée. Le calendrier du PACE 2023 reste une « ambition » non traduite en décret. Le nouveau calendrier envisagé (non encore voté) serait plus progressif : PEB D à l'achat dès 2028, C dès 2031, B dès 2036.
En clair : l'obligation arrive, mais son échéance exacte reste mouvante. Ce flou réglementaire est en soi une donnée à intégrer dans votre décision. Il serait imprudent d'acheter une passoire énergétique en pariant sur un abandon pur et simple de l'obligation — la trajectoire de fond, elle, ne fait guère de doute. Mais il serait tout aussi excessif de renoncer à un bon achat par peur d'un texte qui n'existe pas encore.
Ce qui est déjà certain
Certaines mesures, elles, sont bien en vigueur : depuis le 1er janvier 2026, tout bâtiment neuf doit intégrer 35 % d'énergie renouvelable, et les chaudières au mazout et au charbon sont interdites en construction neuve. Leur interdiction en rénovation lourde est prévue pour 2027. Autrement dit, même sans obligation de rénovation à l'achat, le cadre se resserre progressivement autour des logements les moins performants — et le sens de l'histoire est clair.
L'impact sur les prix, lui, n'attend pas la loi
Le marché a déjà tranché : une maison classée A vaut en moyenne 60.000 € de plus qu'un bien identique classé G, et les biens en F ou G se négocient 15 à 20 % moins cher que leurs équivalents performants. Le coût moyen pour faire passer une passoire énergétique au label D est estimé entre 20.000 et 30.000 €.
Faites le calcul : sur bon nombre de biens, la décote à l'achat dépasse le budget de mise à niveau. Acheter un bien énergivore n'est donc pas une erreur en soi — c'est un projet à chiffrer honnêtement : prix d'achat décoté + budget travaux + aides mobilisables. C'est ce troisième poste qui fait souvent toute la différence.
La fenêtre d'opportunité : les primes jusqu'au 30 septembre 2026
Bonne nouvelle pour qui achète un bien à rénover : les Primes Habitation wallonnes (jusqu'à 50.000 € par logement, selon revenus) restent accessibles jusqu'au 30 septembre 2026 avant la réforme du régime. Combinées à la TVA à 6 % et au Rénopack à 0 %, elles peuvent absorber une part substantielle du coût de mise à niveau. Attention toutefois au timing : le dossier complet, facture finale comprise, doit être déposé avant la deadline — pour un achat suivi de travaux, cela suppose de s'organiser dès la signature du compromis.
Notre conseil
Ne fuyez pas systématiquement les PEB médiocres : bien négociés et bien accompagnés, ils figurent parmi les meilleures opportunités du marché namurois actuel. Mais exigez un chiffrage sérieux avant d'offrir : un devis indicatif, une estimation des primes mobilisables et une idée claire du PEB atteignable après travaux valent mieux que toutes les intuitions.
Chez ED Immo, nous vous aidons à évaluer le vrai coût global d'un bien à rénover — prix, travaux, aides — à Namur et dans le Brabant Wallon. Contactez-nous avant de faire offre.
Sources : Parlement de Wallonie, déclarations de la ministre C. Neven, Baromètre des notaires — situation en juillet 2026, susceptible d'évoluer.